Taylor Cole (USA), dans le film Clones.

Taylor Cole (USA), dans le film Clones.

Une citation tirée de Satisfaction (Alina Reyes), en écho à l’une de mes convictions, souvent affirmée à ma parentèle :
« Il ne faut jamais révéler ses faiblesses aux autres, ils s’en servent pour vous y enfermer.

grigiabot:

Miroslav Tichy
“Pour Freud, nous sommes des êtres désirants et nous attachons donc à chaque chose une valeur. C’est ce système de valeurs, attractives ou répulsives, qui s’appelle culture, civilisation ou économie libidinale, pour le dire en termes psychanalytiques. La libido n’est pas la sexualité : c’est l’économie des pulsions sexuelles, c’est-à-dire la transformation de la pulsion sexuelle – qui consomme son objet – en un investissement sexuel – qui protège son objet. La pulsion, bien sûr, est la matière première de la libido, mais elle n’est pas son enjeu qui, lui, est la sublimation, l’infinitisation, l’idéalisation d’un objet. Cette bipolarité, cette possibilité de suivre une tendance régressive ou, au contraire, une tendance progressive, est le propre de l’homme. Nous apprenons à économiser nos pulsions. Et cela passe par la mise en place du surmoi. C’est-à-dire l’appareil psychique qui unifie nos idéalisations et nous permet de faire attention. Ce que, précisément, la télévision détruit.
- Nous souffrons d’un manque d’attention ?
- Exactement. […]. Car être attentif, c’est être capable de libido. C’est sublimer son rapport à l’objet. Ainsi, si une femme me plaît, je ne vais pas lui sauter dessus –cela s’appelle un viol. Et si vos baskets m’attirent, je ne vais pas vous les voler. […].
- En quoi la télévision détruit-elle le surmoi ?
- […] Des gens qui la regardent 4, 5, voire 6 heures par jour, ont de moins en moins d’expériences singulières à mesure qu’ils se fondent dans un “on” impersonnel. […]. Et il fut un temps où la télévision construisait de l’attention. Depuis une vingtaine d’année, elle la déconstruit. Et cela dit, on ne comprendra rien à la crise de l’école tant qu’on focalisera sur les enjeux pédagogiques sans voir que nos enfants – bombardés d’images au saut du lit – sont victimes de cette industrie de l’inattention. Pour des raisons de guerres publicitaires et de conquête d’audience, les chaînes ont recours aux mécanismes de la pulsion, parce que c’est efficace. Si on projette un film porno derrière moi, vous n’allez plus m’écouter très longtemps ! Dans cette guerre de captation des consciences, les chaînes sont obligées de viser de plus en plus bas. Jusqu’au spectacle, en Angleterre, de cet homme qui joue à la roulette russe : là, c’est la pulsion de mort en tant que telle qui est donnée à voir.”
Bernard Stiegler (Entretien dans Philosophie magazine N°37-mars 2010)

(Eric Kroll)                                                   (Susannah Breslin)

Rêvé de C., court vêtue, avide de contact charnel, prenant ma main et la glissant dans sa culotte…

darksilenceinsuburbia:

Franz Falckenhaus. Sofija.
“Peut-être est-ce cela la littérature: inventer une autre vie qui pourrait fort bien être la nôtre, inventer un double. Ricardo Piglia dit que se souvenir avec une mémoire étrangère est une variante du double, mais aussi une métaphore parfaite de l’expérience littéraire. Je viens de citer Piglia et constate que je vis entouré de citations de livres et d’auteurs. Je suis un malade de littérature. Si je continue ainsi, aussi bien va-t-elle finir par m’avaler, tel un pantin dans un tourbillon, jusqu’à ce que je me perde dans ses contrées sans limites. La littérature m’asphyxie chaque jour un peu plus, penser, à cinquante ans, que mon destin est de me transformer en un dictionnaire ambulant de citations m’angoisse.”
Enrique Vila-Matas, Le mal de Montano.