lawrenceleemagnuson:

Eva Prokopcová (Czech b. 1948)Morana (1999-2000)oil on canvas 140 x 150 cmEgon Schiele Art Centrum, Czech Republic

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Eva Prokopcová (Czech b. 1948)
Morana (1999-2000)
oil on canvas 140 x 150 cm
Egon Schiele Art Centrum, Czech Republic

justanothermasterpiece:

Paul Behnke.
“Elle me prend la main. J’essaie de me libérer.
« Non.
- Si, dit-elle, tirant mon bras plus fort, le guidant vers l’endroit entre ses jambes.
- Non », dis-je encore plus désespéré.
Ma main franchit un rideau sombre, sépare des drapés de velours. Mes doigts se glissent entre les lèvres d’une bouche secrète. Ma mère émet un son, un ahhh guttural. J’essaie de retirer ma main, mais elle la remet dedans. Elle la remet puis elle la retire, la remet et la retire, la met, la tire, la met, tire.
« C’est chez toi, dit-elle, une main sur ma nuque, m’immobilisant la tête contre elle, l’autre sur ma main, me maintenant là, sa jambe enlaçant la mienne.
C’est chez toi, répète-t-elle. Tu as vécu ici avant de vivre où que ce soit. Tu n’as pas peur de rentrer chez toi, n’est-ce pas ? »
Ça devient glissant, gras de quelque chose de plus humide que l’eau. Ma main est à l’intérieur de ma mère, dans un endroit dont j’ignorais même l’existence. Plus profond. Elle me prend trois doigts qu’elle faufile en elle. Parfum et sucs, la caverne grandit. Elle fait aller et venir la main. Mes doigts sont engloutis.”
A. M. Holmes, La fin d’Alice.
doomsdaygap:

Maria McBane, 1965

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Maria McBane, 1965

Henri Matisse, La conversation, 1938.

“Le professeur dit ce qui me fait bander c’est le ressassement de ce qui me fait désespérément bander c’est que ressasser ces mots sexe seins fesses con cul bander mouiller fouetter les tanne les vide les enkyste en un vide atone insensé glacé ce qui me fait bander c’est que ce vide tourne dans les mots compacts ressassés du sexe ce qui me fait bander c’est l’exaspération de ce tournis vide qui vide toute pensée ce qui me fait bander c’est cette avidité comique et sinistre ce qui me fait bander c’est ce halètement cet annoncement qui anesthésie qui fait de la langue un bloc gris fibreux un hoquet idiot une tumeur de mort dans la vie des mots des corps des pensées une sorte de queue insensibilisée plantée dans du flou […]”
Christian Prigent, Le professeur.
Martin Veyron, Cru bourgeois.

Martin Veyron, Cru bourgeois.

Je lis un article sur l’introduction de la culture du riz en Camargue, liée à l’histoire coloniale de la France puisque ce sont des travailleurs indochinois qui l’ont réalisée. Est questionné un certain Le Ba Dang, dont le nom m’est familier, qui raconte ses pénibles conditions de travail, puis comment il est expédié en 1942 en camp de redressement à Lannemezan, d’où il s’évadera pour rejoindre l’école des Beaux-Arts de Toulouse. Il deviendra ainsi un plasticien reconnu. Les lithographies qu’imprimait mon premier beau-père étaient celles de Le Ba Dang.

… dans une réunion, les quelques femmes présentes, peu nombreuses, sortent des nuisettes noires. Dans cette tenue un peu suggestive, elles choisissent et entraînent des hommes à danser des slows.
Une brune aux cheveux courts, en robe noire, bras nus, m’invite à danser. Nous arrivons sur la piste main dans la main quand le morceau de musique se termine. Un prestidigitateur/cracheur de feu fait alors un numéro, et dans l’attente du retour de la musique, nous restons assis sur un canapé, nous donnant toujours la main. Nous dansons ensuite sur un rythme un peu latino, sur lequel je promène ma partenaire tous azimuts, de manière probablement peu orthodoxe…
… Dehors, parmi une foule nombreuse qui quitte un lieu de réunion ou de spectacle, j’entends D (a) m’appeler. Je la rejoins, et elle comporte alors bizarrement, comme s’il était naturel que nous nous en allions. Je m’en étonne et lui demande pourquoi je devrais partir. Elle m’explique que le mari de la femme avec qui j’ai dansé, un grand brun, l’a très mal pris et jaloux, a fait une scène à sa femme, créé le scandale, menacé de me cogner.
Je ne veux pas partir, écoute çà stoïquement, puis une autre femme me rejoint, attristée, c’est la mère de la danseuse qui vient m’en parler aussi…